La revanche de la prof de culture générale.

timide-pexels-andrew-neel-3283576-e1681679886159 Prompt engineer, Le nouveau métier de l'IA générative.

Photo – Pexel – Andrew Neel

Ici, dans cette école qui forme , entre autres, de futurs « grands développeurs » personne ne la connais ou si peu. Elle intervient de temps en temps en se camouflant sous le terme d’intervenant en « Culture générale et expression ». Seulement, les apprenants l’on débusquée : elle enseigne le français et le français : « Ben, c’est ch… !! (sic) »

Pourtant, depuis quelque temps, on note de légers changements : ses épaules se sont redressées, sa démarche est plus assurée. On l’aurait même vu discuter avec un intervenant en PHP sans avoir les yeux baissés. Si, si…

Les témoins assurent même avoir vu arborer un léger rictus de contentement. Car oui, le futur langage de programmation, celui qui assurera un avenir doré aux futurs développeurs, c’est la prose. Et la prose, c’est son langage à elle.


Bon, avant tout, on va la laisser rêver un peu...

En fait les experts en prompt sont généralement des ingénieurs spécialisés en langage naturel (NLP). Ils pratiquent une nouvelle forme de programmation qui ne se limite pas au prisme du code informatique, mais qui s’exprime en prose, à l’instar de n’importe quel utilisateur de ChatGPT.

… Mais cette prose est en anglais.

Le traitement du langage naturel (NLP)

Le traitement automatique du langage naturel (NLP) est une branche de l’intelligence artificielle qui se concentre sur la compréhension et la manipulation du langage humain par les ordinateurs.

Le NLP permet aux machines de comprendre et de générer du langage humain. Il utilise des techniques de traitement automatique de la langue, telles que l’analyse syntaxique, la reconnaissance de mots-clés, la segmentation de phrases, la lemmatisation et la classification de texte, pour traiter et comprendre les données linguistiques.

Ces techniques sont souvent combinées avec des techniques d’apprentissage automatique, telles que les réseaux de neurones et les algorithmes de classification, pour améliorer la précision des résultats.

Cette méthode de programmation, qui s’appuie nativement sur la langue anglaise, est devenue très populaire, comme l’a récemment souligné Andrej Karpathy, ancien responsable de l’IA chez Tesla, sur Twitter : « Actuellement, la langue de programmation la plus tendance est l’anglais ».

tweet-drew-harwell Prompt engineer, Le nouveau métier de l'IA générative.

Un nouveau métier

Le Washington Post dans un article de Drew Harwell, révèle qu’un employé de 36 ans de la start-up Scale AI de San Francisco, travaille dans l’un des emplois les plus récents et les plus étranges du domaine de l’IA : le prompt engineer (ingénieur prompt) .

Son rôle consiste à créer et à affiner le texte que les gens tapent dans l’IA dans l’espoir d’en tirer le résultat optimal.

Contrairement aux codeurs traditionnels, les ingénieurs prompts programment en prose. Tout au long de la journée, il envoient des commandes écrites en texte brut aux systèmes d’IA, qui effectuent ensuite le travail réel.

…et un prompt engineer, c’est quoi ?

Pour bien comprendre ce qu’est un Prompt Engineer, ingénieur de saisie » en français, il est important de commencer par définir le terme de prompt.

Il peut s’agir d’une suite de mots permettant de demander à un modèle IA comme ChatGPT de produire le résultat désiré pour une tâche spécifique. En entrant cette commande dans une interface textuelle, l’utilisateur peut indiquer au modèle ce qu’il doit effectuer. Il peut s’agir d’une simple question, ou au contraire d’une requête complexe avec une large variété d’éléments que l’IA doit prendre en compte.

Prenons l’exemple de Valentina Contini, stratège en innovation au sein de l’agence numérique allemande Diconium. Depuis peu, elle a ajouté la fonction de «prompt engineering» sur son profil professionnel. Cet ajout est né d’un jeu. Lorsque diverses IA sont devenues accessibles au public, elle a essayé l’IA textuelle Chat GPT et l’IA visuelle Midjourney.

Selon la presse non spécialisée…

..Plein de caillasse sans diplôme

– Oubliez la crypto, réservez une suite au Royal Mirage à Doubaï, le meilleur moyen de faire couler l’argent à flot dans vos poches trouées d’ancien développeur/ contributeur open-source, c’est ce nouveau métier qui n’existait pas il y a deux mois et qui pourrait devenir le plus recherché d’ici deux ans.

annonce-300000-1024x141 Prompt engineer, Le nouveau métier de l'IA générative.
Source presse-citron

Selon Mark Standen, le marché du prompt engineer est le plus rémunératif du l‘IT depuis près de 25 ans. Pour un tel métier, le salaire minimum est de 40 000 livres sterling par an. Dans certains pays ou dans d’autres entreprises, il peut monter en flèche pour atteindre l’équivalent de 340 000 euros.

Bloomberg dit avoir repéré une annonce d’emploi de prompt engineer lancée par la startup Anthropic. Celle-ci propose un salaire compris entre 175 000 dollars et 335 000 dollars. ...Mais sur combien d’années ?

Ouest France relève que si l’intitulé du poste contient le terme « ingénieur », pour ce métier, il n’y a pas besoin de diplôme particulier ni « besoin de coder ».

– Rangez la valisette à roulette, vous ne partirez pas faire la nique aux influenceurs, tout de suite. Il vous faudra quand même un autre type de bagage, beaucoup plus conséquent…

Les compétences requises

Le prompt engineer doit posséder des qualités plus générales que la simple (enfin si on peut dire) compréhension des modèles de langage d’IA.

S’il n’a pas obligatoirement des connaissances poussées en data science. Il doit être capable d’expliciter un raisonnement pour extraire les capacités d’un modèle de langage. Il est également formé aux NLP.

« Avoir un esprit de hacker créatif et aimer résoudre des énigmes. Avoir au moins des compétences de base en programmation et être à l’aise pour écrire de petits programmes Python”. Voilà les compétences demandées très souvent pour les offres d’emploi à destination des prompt engineer.

…Il doit aussi être doté d’une « très grande culture générale pour interpréter une réponse et pour briefer la machine dans n’importe quelle domaine »

Henri d’Anterroches, spécialiste en IA et partner chez Metyis.

Dans le domaine artistique

« Aujourd’hui, de nombreuses personnes savent générer des images mais celles-ci sont rarement bonnes ». Avec son savoir-faire, le prompt engineer peut jouer sur divers paramètres : la lumière, le cadrage, la profondeur de champ, l’angle… Si bien qu’il pourrait devenir « le directeur artistique de demain ».

Henri d’Anterroches

– Alors ? prêt à relever le défit ?

Comment se former ?

Il n’y a pas (ou pas encore) de spécification RNCP formation spécifique à l’ingénierie de requêtes . Des items sont ou seront introduits dans le titre Formation Data engineer – Titre RNCP de niveau 7 (Bac+5)

Pour les autodidactes passionnés, plusieurs organisations offrent des formations en ingénierie prompt (basées principalement sur Chat-GPT).

Fondation OpenAI

La fondation Open AI propose des ressources (universitaire en langue anglaise) pour le développement d’applications conversationnelles. Exemple

La fondation fournit (ou fournira) également des tutoriels en ligne ainsi que des ateliers qui seront destinés aux développeurs qui souhaitent acquérir de nouvelles compétences ou actualiser leurs connaissances.

Autres exemples

Voici d’autres exemples de ressources et d’outils en ligne ( principalement pour apprendre à développer des applications conversationnelles) :

Dialogflow : une plateforme de développement d’applications conversationnelles de Google qui offre une version gratuite pour les débutants.

https://www.botstar.com/: une plateforme de développement d’applications conversationnelles qui offre une version gratuite pour les petits projets.

https://www.ibm.com/fr-fr/products/watson-assistant: une plateforme de développement d’applications conversationnelles qui offre une version gratuite pour les débutants.

https://rasa.com/ une plateforme open-source de développement d’applications conversationnelles qui offre des ressources gratuites pour les développeurs.

Les communautés

Comme dans tous les domaine Tech, il existe plusieurs communautés de développeurs qui discutent de leurs projets et échangent des idées. Ces forums peuvent être une excellente source d’information sur la façon dont les autres développeurs abordent l’ingénierie du prompt. Les discussions en ligne peuvent également donner l’occasion aux participants de poser des questions directement aux experts et à d’autres membres de la communauté.

Vers une spécialisation

– Un développeur en formation passe plus de temps à comparer les différents langages entre eux qu’à approfondir ses connaissances dans un outil qu’il a déjà abordé. En terme employabilité ou d’expertise cela vaudra t’il aussi pour ingénierie des requêtes ?

Florence Santrot dans un article de webdemain.fr note qu’à l’instar des développeurs « classiques », spécialisés dans tel ou tel langage de programmation ou avec des profils front-end, back-end, full-stack, etc., il est fort possible que Les futurs ingénieurs prompt se spécialisent dans une seule intelligence artificielle (ChatGPT, Bard, LlaMa, Dall-E, Midjourney, Dreamstudio, Stable Diffusion…). Chacune possède des spécificités et leurs algorithmes – ou réglages – réagissent différemment selon la forme de la requête soumise.

Je me suis spécialisé dans Midjourney pour créer des images pour mes clients. J’ai appris à bien l’utiliser et je trouve que je peux davantage affiner mes recherches en précisant le style, la résolution, le ratio, donner plus ou moins de poids à un mot, en filtrer certains, etc. »

Quentin, designer freelance

Cette spécialisation par modèle de langage pourrait s’accompagner d’une spécialisation par domaine (marketing, SEO, assistance client…).

« Je pense qu’on aura des prompt engeneer experts dans divers secteurs » prédit Henri d’Anterroches. « Une seule et même personne ne peut pas traiter des problématiques juridiques et scientifiques à la fois. Il faut être capable de douter de la machine et de juger ses réponses ».

Quand sera-t-il du futur métier ?

Selon une théorie chère à Joseph Schumpeter, l’intelligence artificielle, comme chaque innovation majeure, devrait être source d’une destruction créatrice d’emploi. Mais avant de constater si ChatGPT va ringardiser (et détruire) certaines professions, le second volet de la théorie de l’économiste autrichien, celui de la création, commence à se vérifier.

Dans son excellent article Au-delà du prompt engineer, les nouveaux métiers de l’IA générative , Philippe Harel Leader Data & AI chez onepoint, prédit que le prompt engineering provoquera d’autres besoins. Le prompt engineering ne deviendra qu’une compétence parmi d’autres pour gérer les projets d’IA générative.

Selon lui ce métier, aussi buzzing qu’il soit actuellement, va muer et se professionnaliser. A terme, il suivra le même chemin que le webmaster d’il y a une dizaine d’années : n’être qu’une étoile dans une nouvelle galaxie – cette fois, celle de l’IA générative.

A suivre…

L’engouement pour les AI génératives est tel que fait qu’il devient crucial de maîtriser ces outils. Une belle bulle se développe et comme à chaque fois de nouveaux métiers vont apparaitre ou disparaitre dans un « plop » ou « flop » semblable à ce qui se présage pour le metaverse. Dans tout les cas, seul les meilleurs émergeront et là comme dans tout les autres domaines, la formation sera une des clés principales.

Pour en discuter, vous pouvez me contacter.